Polémique stérile à la suite de l’interview d’Anatole Collinet Makosso, Premier Ministre de la république du Congo, au magazine Jeune Afrique.
Une polémique est née à la suite de propos d’Anatole Collinet Makosso sortis de leur contexte, et surtout retranscrits de façon inexacte par la rédaction de Jeune Afrique, pour en faire un titre de l’interview.
A peine mis en ligne dimanche 21 septembre 2025, le titre de l’interview d’Anatole Collinet Makosso a créé une polémique comme cela arrive souvent dans la blogosphère politique congolaise. Le verbatim de cet entretien suffit pour l’éteindre, et montrer que le bout de phrase ajouté à une réponse, donne un autre sens à l’un des propos de celui-ci. On croirait que le Premier Ministre congolais fait un reproche aux populations “qui attendraient tout de l’État”. Ce qui, pour peu que soit lu intégralement l’entretien, n’est pas le cas.
Extraits : “Jusqu’à présent, l’État est le principal acteur économique du pays. Doit-il le rester ou doit-il désormais penser à mettre en place le cadre qui permet aux investisseurs privés de prendre le relais ?”, s’interroge le chef du gouvernement congolais. Il continue ensuite : “ La population s’est habituée à voir l’État s’occuper de tout. Est-ce valable pour nos États compte tenu de l’évolution du monde ? Il faut plutôt développer une nouvelle culture, et c’est ce à quoi nous nous sommes employés ces dernières années, en créant les conditions qui placeront le citoyen et l’investisseur privé au cœur du développement du pays. C’est une révolution que nous avons choisi de mener avec pédagogie car c’est un vrai changement de paradigme pour le pays”.
Sans doute à la suite de la réponse reprise ci-dessus, la rédaction de Jeune Afrique a titré son interview comme suit : “Anatole Collinet Makosso - Les Congolais se sont habitués à voir l’État s’occuper de tout, il faut changer les mentalités”. Ce titre, bien qu’accrocheur sans doute, ne reflète franchement pas le sens des mots de l’interview.
Le contexte économique auquel fait référence Anatole Collinet Makosso dans sa réponse n’est aucunement relevé par le magazine. Et cela dénature tout ! L’ajout du dernier bout de phrase “il faut changer les mentalités”, qui n’a pas été prononcé, donne lieu à une malencontreuse controverse et ouvre la voie à la polémique, à la mauvaise interprétation.