Carte postale du village Ngabé, à 190 km au nord de Brazzaville
À la faveur de la colonie de vacances qui s’y est déroulée du 9 au 13 juillet 2025, mettons le cap sur la commune de Ngabé pour dresser sa carte postale dans le cadre d’une destination de vacances en république du Congo !
Les grandes vacances scolaires, celles allant de juin à septembre, sont souvent propices à la découverte des communes et villages, loin des grandes villes. La république du Congo, pour diverses raisons, a la particularité de concentrer plus de la moitié de sa population à Brazzaville et Pointe-Noire. Ces deux villes font ainsi de l’ombre aux autres localités, des sites touristiques et villages, agréables à visiter. Tel est le cas de Ngabé, village chargé d’histoire, situé à 190 km de Brazzaville sur les bords du fleuve Congo, dans le département Djoué- Léfini.
Une trentaine d’enfants et d’adolescents ont séjourné à Ngabé, du 9 au 13 juillet 2025, en participant à la première édition de la colonie de vacances organisée par un promoteur privé au somptueux complexe touristique de la localité. Ils sont venus de Brazzaville, Pointe-Noire et même de l’étranger, de la république démocratique du Congo, de la France et des États-Unis d’Amérique. Sur place, ils se sont joints à d’autres vacanciers et touristes.
Le site est composé d’une cinquantaine de bungalows modernes, de restaurant, piscines, snacks et night-club. Ce complexe touristique est référencé dans les publications des guides touristiques français et internationaux comme "le petit fûté", "le routard", et bien d’autres encore. Pour l’écotourisme, le tourisme nature, c’est un endroit idéal pour séjourner dans d’excellentes conditions.
En dehors de la description du complexe touristique, il est important de rappeler que le village Ngabé est un haut lieu de l’histoire et de la royauté téké. Il abrite la cour royale de la ngantsibi (reine) Ngalifourou. C’est le lieu à visiter dans cette contrée, pour peu que l’on veuille se laisser conter l’histoire de la république du Congo, le passage des premiers colons français au XIXe siècle, le rôle et la place de la reine Ngalifourou... On peut y faire de la randonnée dans la forêt et les bois environnants, se balader en pirogue sur le caractéristique fleuve Congo pour contempler tout à loisir le beau paysage.
Mais, quel dommage, ce beau tableau est quelque peu contrasté. La localité souffre beaucoup de son isolement à cause de l’accès difficile par la route. Parcourir les 50 km qui la séparent de la voie bitumée menant au barrage hydroélectrique d’Imboulou est un vrai casse-tête, surtout pendant la saison des pluies. Les autorités nationales, les services de l’entretien routier, devraient se pencher sérieusement sur ce problème afin de désenclaver une contrée qui a un potentiel économique certain, notamment avec l’écotourisme, la pêche sur le fleuve Congo et l’agriculture.
Pamphile Bihemi